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Indie americans

Une exposition Çà & Là / l’employé du Moi / Cultures maison

Interview de Charles Forsman

Reçue par mail le 30 juin 2018

Biographie

Où êtes vous né et où vivez-vous aujourd’hui ?
Je suis né à Harrisburg, Pennsylvanie, États-Unis. Je vis actuellement à Adams, Massachusetts. J’ai aussi vécu dans le Vermont, à Los Angeles et à Rhode Island.

Quelles sont les maisons d’édition “small press” et plus officielles avec lesquelles vous avez collaboré ? Ou avez vous fait de l’auto-édition, avec un nom de structure ?
Je me suis principalement publié sous mon nom ou sous "Oily Comics".

Comment avez-vous appris votre métier d’auteur ?
J’ai essayé d’apprendre seul, mais le Center for Cartoon Studies m’a vraiment donné un coup de fouet et m’a permis de faire des bandes dessinées.

Vivez-vous de votre art, sinon comment faites-vous pour tenir le coup ?
J’en vis. Pendant un certain temps, j’ai fait du graphisme pour compléter ce que je gagnais avec la bande dessinée, mais maintenant la plupart de mes revenus proviennent du site où je publie une bande dessinée appelée "AUTOMA".
J’ai dû quitter précipitamment le dernier boulot alimentaire que j’avais pour déménager dans un autre Etat. Il n’y avait pas beaucoup d’emplois là où j’ai atterri, ça m’a forcé à faire plus de bandes dessinées et à gagner ma vie avec.

Auto-édition

Par qui/comment s’est fait votre premier contact avec la scène de l’auto-édition ?
Je pense qu’Alec Longstreth a été la première personne que je connaissais à faire ses propres publications. Il a une telle passion et une telle volonté de partager que cela m’a aidé à réaliser que je pouvais moi aussi le faire.

Pourquoi avez vous décidé de vous auto-éditer ?
Cela semblait être la meilleure façon de commencer à publier. Je savais qu’aucun éditeur ne publierait mon travail alors je l’ai fait moi-même. Je savais que je devais encore beaucoup évoluer avant d’en arriver au point où les éditeurs seraient intéressés. De plus, c’est un excellent moyen d’expérimenter et de se planter. On devrait tous faire ça. C’est une grande partie de l’apprentissage.

Quelle est pour vous la meilleure partie de l’auto-édition ? Faire l’histoire, faire le livre, rencontrer le public, participer à une communauté ?
La meilleure partie pour moi est l’écriture et la conception. C’est la partie la plus satisfaisante. Faire le job.

Quelle est votre meilleure expérience d’auto-édition ?
Je pense que ce sont les retours que j’ai eu des lecteurs quand je publiais "The end of the fucking world" en fanzines vendus pour un dollar. Incroyable qu’un format aussi simple et bon marché puisse quand même communiquer les sentiments que je couchais sur le papier. Et voir les gens réagir à ça a changé ma vie.

Est-ce que l’auto-édition vous coûte de l’argent, vous rapporte, ou a un bénéfice nul ?
J’essaie que ça rapporte de l’argent. La meilleure façon de le faire est de posséder ses moyens de production. J’imprime mes livres chez moi sur une imprimante laser de bureau. Je suis capable de réduire les coûts en faisant tout le travail de production moi-même.

Êtes-vous un éditeur ou un distributeur pour le travail d’autres personnes ? Si oui, comment est-ce arrivé ?
J’avais l’habitude de publier le travail d’autres personnes via "Oily Comics". Ça a commencé comme un truc amusant et ça s’est transformé en un super travail à temps plein pendant deux ans. Je me suis beaucoup amusé et si jamais je manque d’idées en bandes dessinées, je le ferais probablement à nouveau. Je pense que j’en suis venu à cette idée parce que c’était la meilleure manière de mettre des bandes dessinées réalisées par mes amis et aux autres dessinateurs que j’admirais, entre les mains des gens.

Quel rôle joue les salons et les conventions de micro-édition dans votre pratique de l’auto-édition ?
Au début, ils ont joué un grand rôle. C’est souvent le meilleur moyen d’obtenir de nouveaux lecteurs et de trouver des artistes partageant les mêmes idées. Je ne les fais plus autant dernièrement parce que c’est assez épuisant pour moi et beaucoup d’auteurs de ma génération ont arrêté de le faire. C’est une bonne chose en fait. Les nouvelles générations arrivent et prennent le relais.

Gardez vous une archive de vos fanzines ? Comment les conservez-vous ?
Je garde les numéros spéciaux à mes yeux dans un classeur avec des pochettes en plastique. Je ne suis pas très organisé, mais je suis content de l’avoir fait dès le début parce que je n’aurais plus d’exemplaires autrement.

Où imprimez-vous vos fanzines ? Est-ce que vous passez par un imprimeur ou chez un copy-shop ?
J’imprime à la maison.

Est-ce que vous lisez beaucoup de zines et de mini-comics ?
Plus autant qu’avant. Je suis moins curieux qu’avant. Je pense que c’est juste parce que j’ai trouvé mon rythme en tant qu’artiste. Je suis moins intéressé par ce que les autres font et je veux me concentrer sur mes propres trucs.

Est-ce que vous pensez que votre pratique de l’auto-édition est lié à votre situation géographique ? à l’organisation du marché de la bande dessinée aux USA ?
Je vis dans une très petite ville. Donc, être en mesure de poster mon travail aux lecteurs est vraiment la seule façon de le faire circuler. J’étais plus déterminé, il y a quelques années, pour essayer de placer mes livres dans les magasins de bande dessinée, mais c’est un boulot fatiguant. C’est un rude combat d’attirer l’attention des libraires. Il y a évidemment un groupe de libraires qui soutiennent la small press, mais ils ne sont pas nombreux.

Edition

Quel a été votre premier éditeur ? Connaissaient-ils votre travail grâce à l’auto-édition ?
Je pense que Fantagraphics a été le premier. Oui, ils connaissaient mon travail. J’ai envoyé tout ce que j’avais fait à Eric Reynolds et il est devenu mon éditeur.

Avez-vous continué à autopublier depuis ? Pourquoi ?
J’ai continué parce que je suis impatient. Les éditeurs ont une tonne de livres à faire et ça peut prendre beaucoup de temps avant que les lecteurs n’aient votre livre en main. J’aime donc publier mes récits en série, chapitre par chapitre. C’est aussi agréable d’avoir un récit qui sort régulièrement et ne disparaît pas pendant des années. Ça m’aide à me sentir connecté.

Allez-vous continuer à auto-éditer dans les prochaines années ?
Je pense que je le ferai. Je voudrais prendre une pause après "AUTOMA" parce que je sens que je bosse dur depuis des années et que je veux voir comment je vais réagir si je fais une pause et que j’ai moins de pression.

Pour vos livres qui sont passés de l’auto-édition à l’édition, quelles questions de remontage ou de format se sont posés ? Comment voyez-vous la relation entre les deux ?
C’est différent pour chaque livre. Pour moi, ça revient en fait à s’assurer que la conception et le format correspondent au travail. C’était très important par exemple que la première édition de "The end of the fucking world" soit en format poche. Je voulais que ce soit intime et qu’on puisse le mettre dans un sac à main ou une poche arrière.

L’exposition

Vous pouvez nous parler des travaux que l’on peut voir dans l’exposition ?
La plupart des travaux montrés ont été imprimés chez moi sur des imprimantes laser ou sur mon imprimante Riso.

Biography

Where were you born, and where do you currently live ? Did you move to other significant places in between ?
I was born in Harrisburg, Pennsylvania, USA. I currently live in Adams, Massachusetts. I’ve also lived in Vermont, Los Angeles, and Rhode Island.

What are the "small press" and more official publishing houses with which you have collaborated / Or did you self-publish under your own name or using a label ?
I have mainly self published under my name or under Oily Comics.

How did you learn to be a cartoonist ?
I tried to teach myself but it was going to The Center for Cartoon Studies that really kicked me into gear and got me making comics.

Do you make a living from your art, if not how do you manage to earn a living ?
I do. For a while I did graphic design to supplement the money I made from comics but now most of my income comes from Patreon where I’m self publishing a comic called AUTOMA. the last day job I had, I had to quit hastily to move to another state. There weren’t a lot of jobs where I moved so it sort of forced me into making more comics and getting money that way.

Self-publishing

Who / how was your first contact in the self-publishing scene ?
I think Alec Longstreth was the first person I knew that made their own comics. He has such a passion and willingness to share that it helped me realize that I could do it myself.

Why did you decide to self-publish ?
It seemed like the best way to start getting work out into the world. I knew no publisher would print the work so I did it myself. I knew I had to do a lot before I even got to the point where publishers would be interested. Plus it’s a great way to experiment and fail. We all need to do that. That’s a big part of learning.

What is for you the best part in self-publishing ? Making the story, making the book, meeting with the audience, participating in a community ?
The best part for me is the writing and conception stage. That is the most satisfying part. Doing the work.

What is your best self-publishing experience ?
I think the reaction I got from readers when I was serializing TEOTFW as zines that I sold for one dollar. It made a big impression that such a simple and cheap format was still able to deliver the feeling I put on the paper. And to see people react to that was life changing for me.

Does self-publishing cost you money, do you make a profit, or do you simply break even ?
I try to make money. the best way to do that is to own the means of production. I print my books at home on an office laser printer. I am able to keep the costs down by doing all the production work by myself.

Are you a publisher or a distributor for other people’s work ? If so, how did you come to it ?
I used to publish other people’s work under Oily Comics. It started as a fun thing that turned into a pretty full time job for two years. I had a lot of fun and if I ever run out of comic ideas I will probably do it again. I think I came to it because I had figured out this way to get comics in people’s hands and I wanted to show those people comics by my friends and other cartoonists I admired.

What role do comics conventions play in your self-publishing practice ?

Early on they played a big role. It’s often the best way to get new readers and also to find like-minded artists. I don’t do them as much these days because it is quite exhausting for me and a lot of my generation has stopped going. It’s a good thing though. New generations are coming up and taking over.

Do you keep an archive of your fanzines ? How do you preserve them ?

I keep the special ones in a binder with plastic sleeves. I’m not normally that organized but I’m glad I did it for my earliest stuff because I wouldn’t have copies otherwise.

Where do you print your fanzines ? Do you go through a printer or at a copy shop ?

I print at home.

Do you read a lot of zines and mini-comics ?
Not as much as I used to. I don’t have as much curiosity as I once did. I think that is just a result of getting into a groove as an artist. I’m less interested in what others are doing and want to focus on my own stuff.

Do you think that your self-publishing practice is related to your location ? How does it fit (or not) in the organization of the comics market in the USA ?
I live in a very small town. So being able to mail my work out to readers is really the only way to get it out there. I used to be more aggressive in getting my book sin comic shops but it’s tiring. It’s a whole thing. It’s a fight to get the shop owners to pay attention. Not that their aren’t a good group of shops that support small press but it’s not a very big group.

Edition

Who was your first publisher ? Did they know your work through self-publishing ?
I think Fantagraphics would’ve been the first. Yes, they knew my work. I would send everything I made to Eric Reynolds who became my editor.

Have you continued to self-publish since ? Why ?
I have because I’m impatient. Publishers have a ton of books they are doing and it can take a long time to get work out to readers. So I still like to self-publish my serialized stories chapter by chapter. It’s also nice to have regular work coming out and not disappearing for years at a time. Helps me feel connected.

Will you continue to self-publish in the next few years ?
I think I will. I may take a break after AUTOMA because I feel like I’ve been going and going for a bunch of years and I want to see how I will react to a break and letting the pressure off a bit.

How have you handled the transition of your works from mini-comics to books, in terms of format and reassembling ? How do you see the relationship between both objects ?
It’s different for every book. For me though, it just comes down to making sure the design and format is appropriate for the work. It was very important to me that the first edition of TEOTFW would be paperback and small. I wanted it to feel intimate and able to be put into a purse or back pocket.

The exhibition

Can you tell us something about the work that can be seen in the exhibition ?
Most of the work was printed at home on laser printers or on my Riso-graph.