Couverture de La trêve, chérie

À propos de Thomas Gosselin

Thomas Gosselin est né en 1979 dans l’East End de Londres, rentre aux Beaux-Arts d’Angoulême (collectifs Les six berbères sont douze, Clafoutis aux éditions de la Cerise), sort des Beaux-Arts, fait des livres tout seul (par exemple L’humanité moins un aux éditions de l’An 2), vit en ascète, sort d’Angoulême, joue au dilettante, se perd dans le labyrinthe (Les héros avancent masqués à la Cinquième Couche), revient à Angoulême (Au recommencement, chez Atrabile) et au jansénisme (scénario de Lutte des corps et chute des classes pour François Henninger à l’Association), où il s’entraîne pour l’heure à réussir sa prochaine vie.

À propos de Isao Moutte

Isao Moutte est un auteur franco-japonais né en 1983. C’est aux Beaux-Arts d’Angoulême qu’il s’essaie à la bande dessinée et qu’il rencontre deux de ses futurs éditeurs (Gautier Ducatez et Gérald Auclin, membres du comité de lecture des éditions The Hoochie Coochie). Ainsi, il publie des travaux courts dans plusieurs numéros de Turkey Comix et Dame Pipi Comix.

Son premier livre, Armany Jeans (série de gags nonsensique préalablement parus dans les revues précitées puis sous forme d’autoédition) paraît chez Anathème en 2009 et témoigne déjà de fortes ambitions de mise en scène (cadrages étonnants, ellipses radicales) et d’un sens inné du dialogue.

Suivra en 2011 et chez le même éditeur Hard Money, premier récit long empruntant aux codes de la série B, et notamment aux slasher movies.

Reconduisant les qualités de son premier livre, s’y révèle un sens aigu du rythme et de la narration, ainsi qu’une écriture scénaristique d’une qualité rare. Son art du dialogue s’affirme, tandis que son dessin prend une dimension plus virtuose encore.

Alors qu’il s’attaque enfin à Castagne, il collabore en parallèle à diverses revues, telles Gestrococlub ou Hôpital Brut (Le Dernier Cri).

Aux côtés de ces derniers, il participe bénévolement à la traduction de nombreuses rencontres entre l’éditeur marseillais et la scène graphique underground japonaise.

(biographie The Hoochie Coochie)

Catalogue

La trêve, chérie

Par Thomas Gosselin & Isao Moutte

  • 88 pages - 19x25 cm
  • À paraître en février 2019
  • ISBN 978-2-39004-047-7
€ 16,50

Alors qu’une nouvelle antenne-relais est en construction aux abords de la ville, des morts inexpliquées se multiplient. La thèse de l’accident est rapidement écartée car auprès de chaque victime, est retrouvée une pierre parallélépipédique qui semble relier les affaires entre elles. S’il s’agit bien de meurtres, l’identité et la motivation de leurs auteurs (un tueur en série, des opposants fanatiques au projet d’antenne-relais ?) restent mystérieuses. Mais pour les autorités légales, il s’agit de rationaliser, de trouver des causes, de protéger l’industrie des télécommunications et de dénicher des coupables. Entre un mari énigmatique et en retrait et ses collègues lourdauds, la gendarme Loreleï Soares se fie à son instinct pour faire avancer l’enquête dont les premiers suspects sont un sanglier et un lynx. S’agirait-il d’une nouvelle étape dans la guerre ancestrale entre l’homme et la nature ?

Auteur de nombreux ouvrages singuliers (chez Atrabile ou la Cinquième Couche entre autres), Thomas Gosselin s’associe à Isao Moutte au dessin pour ce polar énigmatique qui questionne habilement les rapports entre l’homme et la nature, la fragilité de leur cohabitation, les luttes de pouvoir et l’équilibre des forces. Entre scènes d’action et pages contemplatives, "La trêve, chérie" livre un épisode tendu de ce face-à-face éternel et sans pitié.

Le thème du rapport entre l’homme et la nature a été de nombreuses fois traité mais ce livre propose une tout autre approche. Construit sous la forme d’une enquête policière, le récit change régulièrement de rythme au fil des soubresauts de l’enquête ou des réflexions de ses personnages. Les courses poursuites s’enchaînent avec les questionnements identitaires dans ce polar métaphysique qui ne se refuse rien, ni la symbolique limpide d’une écluse, ni les discours menaçants d’un perroquet. "La trêve, chérie" a quelque chose du tour de force car en un peu moins de 90 pages, il aborde, de manière brillante, originale et décomplexée,

RSS